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Publié : 11 juin 2015
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Raconter l’histoire, dire la littérature…

Raconter l’histoire, dire la littérature…

Ou, comment, à l’aide de l’image animée, passer de l’émotion à la connaissance ?

Résumé du stage PAF du 21 avril 2015

Nos élèves sont quotidiennement confrontés à toutes sortes d’images. Ils les côtoient également en cours et particulièrement en français et en histoire-géographie. Comment croiser les démarches, les capacités et les attitudes pour les aider à exercer un regard critique à travers un discours construit qui les amènerait à raconter l’histoire et à dire la littérature par exemple ? Il est toujours intéressant de partir de leur univers, de leur imaginaire, en l’occurrence ici celui de l’écran et de l’image mobile. Car derrière l’apparente facilité d’interprétation de l’image mobile, il est utile de les amener à réfléchir à toute la complexité qui s’y cache, à toutes les démarches et les choix dont elle est le fruit. Derrière le simple, derrière le facile se cache le difficile. S’en rendre compte, c’est pour les élèves sortir de l’indifférence et du principe que tout est normal…

Créer des images peut donc aider les élèves à apprendre différemment en leur faisant ressentir des émotions qui, une fois identifiées parce que représentées, peuvent les amener à construire un discours. Il s’agit pour les élèves d’apprendre en ressentant puis en faisant des choix, en croisant des méthodes et en s’appuyant sur leurs acquis. Cela les aidera ainsi à passer du « voir » au « regarder ».

L’image se révèle souvent porteuse d’émotions, positives ou négatives. Aujourd’hui, les neuroscientifiques invitent les pédagogues à explorer l’univers des émotions. Nées des sensations, les émotions, lorsqu’elles sont conscientes, durables et stables peuvent créer des sentiments. Les sentiments viennent alors à leur tour nourrir la compréhension des situations, des êtres et des choses. Antonio Damasio, professeur de neurosciences, s’appuyant sur l’intuition de Spinoza qui faisait un parallèle entre ce que ressent le corps et ce que ressent le cerveau, explore le rôle de l’émotion et du sentiment dans la prise de décision et la construction de soi.

Travailler à la création d’images peut amener nos élèves à identifier leurs émotions, à les exprimer autrement et consciemment et donc à essayer d’atteindre la chose sous la chose, c’est à dire un autre degré de compréhension du monde, de l’histoire, de la langue, de la réalité et donc d’eux-mêmes. Il s’agit bien pour eux de comprendre l’interaction cognitive entre eux-mêmes et le monde qui les entoure. En outre, au-delà des connaissances disciplinaires mises en œuvre, nos élèves seront amenés à comprendre que le comportement humain n’est pas que rationnel. Ils en retireront peut-être une certaine prudence, une meilleure compréhension d’eux-mêmes et de leur rapport aux autres et, on peut l’espérer, développeront une forme d’empathie.

L’image, le graphe, le plan, aident, comme aucun autre moyen, à essentialiser les idées. L’image simplifiée, géométrisée ou poétisée peut embrasser et contenir d’immenses pans de la réalité, à la différence du discours ou du texte (lu ou écrit) qui ne se livre que dans la succession et la linéarité. Contrairement à l’image qui se livre selon une immédiateté, face à un texte, il faut attendre (activement) pour comprendre.

Enfin, fixe ou animée, l’image prend forme dans un cadre. S’intéresser à ce cadre, rentrer dans ce cadre, le créer à son tour, c’est également se donner la possibilité de comprendre la manière dont toute image constitue, pour les pensées, un cadre associant ses fonctions habituelles qui sont de limiter, d’entourer, de protéger et d’isoler.

Exemple de pratique en Histoire niveau CAP
Exemple de pratique en Français niveau Première Bac Pro
Marie-Gabrielle Ely-Goglin et Jérôme Sautier