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Publié : 11 juin 2015
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Dire la littérature…

Dire la littérature…

Ou, comment, à l’aide de l’image animée, passer de l’émotion à la connaissance ?

Stage PAF du 21 avril 2015, exemple de pratiques

Exemple de pratique menée conjointement en classe de 1ère Commerce et 1ère ASSP. Objectif : « Dire la littérature »

Dans le cadre de l’objet d’étude « Du côté de l’imaginaire », nous sommes souvent confrontés aux difficultés de nos élèves à comprendre le mouvement surréaliste. Ils ont du mal à aborder les œuvres et l’écriture surréalistes, à comprendre les démarches artistiques et intellectuelles qui les sous-tendent et à s’approprier un discours leur permettant de restituer des connaissances sur ce courant.

Après une séquence classique sur le surréalisme, la création d’un court-métrage surréaliste a donc été confiée à la classe de 1ère commerce. Sur le modèle d’Un Chien Andalou de Luis Buñuel, les élèves ont d’abord écrit une histoire (à l’instar de François Truffaut, ils ont choisi un point de départ simple et vers lequel tout le monde tend : un garçon aime une fille…). Par groupe ils ont écrit le scénario et travaillé l’image par l’intermédiaire des choix des costumes et décors, de la lumière et des effets spéciaux. Ce travail préparatoire et créatif les a amené à retourner vers les œuvres auxquelles ils voulaient faire allusion et vers celles qu’ils souhaitaient citer. Sous la direction de leur professeur, M. Sautier, les groupes s’autorégulaient et s’appropriaient le langage indispensable à la création d’une œuvre imaginaire et surréaliste. Les images tournées, le montage et les arrangements sonores ont été faits par M. Sautier en accord avec les décisions prises par les groupes et inscrites sur le story board. Le résultat final est un court-métrage de 7 minutes intitulé Luca arrose deux croque-monsieur.


Lucas arrose deux croque monsieur

Parallèlement, les élèves de 1ère ASSP ont également travaillé sur cet objet d’étude et sur le surréalisme. Une projection officielle du film réalisé par les élèves de 1ère commerce a été organisée. Un temps de parole a été prévu pour réagir à chaud à cette projection. Puis, fortes de leurs connaissances et de leur compréhension de ce mouvement, les élèves de 1ère ASSP ont alors préparé une interview de l’équipe de tournage et des acteurs. Sous la direction de leur professeure, Mme Ely-Goglin, la classe a été divisée en 4 groupes. Chaque groupe a conçu une série de questions. Avec l’aide de leur professeure, les élèves ont réalisé que leurs questions étaient lacunaires, trop rapides et survolaient l’œuvre sans revenir sur leurs premières impressions, certes un peu désordonnées, mais riches d’émotions et d’interrogations qui ont trop vite été évacuées dès lors qu’un questionnement rationnel leur a été demandé. L’enseignante a alors repéré, au sein du travail de chaque groupe, une question qu’elle a mise en exergue. Elle leur a demandé d’étoffer cette question en se livrant au préalable à un exercice d’analyse ciblé. L’objectif était que chaque groupe parvienne à proposer une amorce d’analyse qui se terminerait par une question qui serait soumise aux créateurs et aux comédiens interviewés.

La rencontre des deux classes s’est faite sous la forme de la réalisation d’une émission de télévision. Une matinée a été banalisée. La salle polyvalente du lycée Bernard Palissy a été transformée en plateau de tournage. Les élèves de 1ère Commerce ont eu 72 heures pour préparer les réponses aux questions que les 1ère ASSP avaient préparées. Une animatrice d’ASSP s’était portée volontaire et a préparé son intervention. Des chroniqueuses se sont également portées volontaires pour poser les questions. Le reste des classes a constitué un public attentif. Le résultat final est une émission intitulée « Plateau télé » d’environ 8 minutes.

Le jeu des questions réponses a pu avoir lieu. Ces élèves ont parlé de littérature en incarnant et maîtrisant les émotions suscitées tant par la création d’un objet artistique que par la réception d’une œuvre produite par leurs pairs.


Palissy fait son cinéma

Marie-Gabrielle Ely-Goglin et Jérôme Sautier