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Publié : 4 avril 2014
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L’homme à l’envers de Fred Vargas ou la métamorphose : un projet Lettres- Arts appliqués.

Premier temps : les Lettres.

L’analyse du roman L’homme à l’envers de Fred Vargas entre dans l’objet d’étude « « Au XXe siècle, l’homme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts ». »
L’étude du roman est voulue comme une construction progressive qui permettra aux élèves d’appréhender les enjeux de l’écriture : conduire le lecteur à changer son rapport à l’altérité en prenant le temps de la connaissance de l’autre, et, de faire connaissance avec les récits mythologiques de la métamorphose grâce l’étude d’extraits des Métamorphoses d’Ovide.

Fred Vargas a construit son roman et ses personnages de manière à mettre en évidence avec L’homme à l’envers, le fonctionnement des rapports humains, souvent fondés sur le jugement de l’apparence au détriment de ce que sont véritablement les gens. En effet, L’homme à l’envers, commence comme un roman fantastique : une bête, peut-être un loup garou d’après certains personnages, attaque et tue des hommes. Une traque est donc organisée pour retrouver l’animal. Puis, la progression narrative nous amène à considérer l’option du loup garou, de la bête extraordinaire comme impossible : le lecteur, nos élèves, donc, reviennent à la réalité : ça n’existe pas. Mais ils y ont cru : au jeu de l’apparence, l’auteur a donc gagné.
Également, Fred Vargas met en scène des personnages dont la lecture nous enseigne qu’ils ne sont pas ce qu’ils semblent être. Par exemple, le commissaire Adamsberg qui mène l’enquête, est présenté et mis en scène par l’auteur de telle manière que le lecteur le perçoit comme n’étant pas l’homme par lequel la vérité va surgir : il manque par trop de rigueur…Pourtant, c’est l’unique personnage clairvoyant de l’histoire et par conséquent le seul qui sera capable d’identifier le meurtrier. De surcroît, tout oppose certains personnages mais c’est de ce contraste que l’on apprend ce qu’ils sont réellement.
Ainsi, l’auteur qui a, au fil de l’histoire, perdu le lecteur dans ses préjugés lui a, finalement, permis de s’en émanciper.

Par ailleurs, le mythe de la métamorphose fait partie des récits qui expliquent la création du monde. A travers ces écrits, l’homme donne un sens à ce qui l’entoure. Or, n’est-ce pas là ce que Fred Vargas nous invite à perpétrer en proposant par la voix d’un de ses personnages, Suzanne Rosselin, l’explication des meurtres par l’existence d’un loup garou…
Au-delà de cet usage littéraire de la métamorphose, notre intérêt réside dans le prétexte que nous offre L’homme à l’envers de revenir sur ces récits et de les partager avec nos élèves.

La lecture de L’homme à l’envers est donc un moment durant lequel nos élèves, les lecteurs, vont construire du sens, revenir sur leurs certitudes. C’est l’instant durant lequel ils vont se défaire graduellement d’une adhésion première à une idée qu’ils s’étaient forgée de l’histoire et des personnages.
Ce sont ces changements qui les amènent à une réflexion plus globale sur la conception de l’autre.

Deuxième temps : les Arts appliqués.

Les élèves se sont emparées du thème de la métamorphose. Grâce au logiciel libre « SQIRLZ MORPH » elles (il n’y avait que des filles) ont travaillé et proposé leur propre transformation.
M. Vincent Guibert, professeur d’Arts appliqués, les a guidées dans cette activité.
Voici le fruit de leur travail.