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Publié : 31 mai 2009
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Dossier du magazine Beaux Arts sur la beauté aujourd’hui : pistes d’exploitation en classe

Pistes pour une séquence autour de l’objet d’étude Des goûts et des couleurs discutons-en

Une Beaux Arts
Pour son 300ème numéro, le mensuel Beaux Arts du mois de juin 2009 propose un dossier d’une cinquantaine de pages interrogeant ce qu’est la beauté aujourd’hui.
Cet article propose quelques pistes pour concevoir à partir de ce riche corpus une séquence liée à l’objet d’étude "Des goûts et des couleurs discutons-en" en Seconde Bac Pro

Le dossier du magazine Beaux Arts de juin 2009 intitulé Qu’est-ce que la beauté aujourd’hui ? offre de nombreux documents pour concevoir une séquence liée à la notion de beauté.

La problématique de la séquence, qui doit être adaptée à la classe, peut s’inspirer des questions suivantes :

La beauté est-elle subjective ?

Avons-nous chacun une conception personnelle de la beauté ?

Les notions de beau ou de laid sont-elles partagées par tous ?


Lancement

La couverture du magazine met en relation La Jeune Fille à la perle de Vermeer (1665-1667) et la transposition photographique de ce tableau réalisée en 2008 par Jocelyne Grivaud dans laquelle la jeune fille prend les traits d’une poupée Barbie.

Les deux images sont projetées aux élèves qui sont invités à choisir celle qu’ils préfèrent en justifiant leur goût. Un échange oral approfondit la réflexion : le goût évolue, est propre à chacun mais ce qui est considéré comme beau semble néanmoins obéir à des constantes (portrait d’une jeune fille).

Johannes Vermeer, La jeune fille à la perle. 1665-1667 Jocelyne Grivaud, Joce, 2008

Activité 1 : Lecture d’images et de textes : l’évolution de la notion de beauté

Le magazine Beaux Arts présente sept tableaux (pages 52-65) emblématiques de l’Histoire de l’Art qui montrent que, si la beauté est le plus souvent présentée comme un absolu capable de ravir les sens et l’âme de chacun, elle évolue pourtant puisque la production artistique vient régulièrement modifier le goût dominant en lui montrant de nouvelles beautés qu’il ne soupçonnait pas encore.
Cette notion de rupture qui modifie les canons de réception d’une oeuvre est essentielle dans nos programmes qui insistent sur cette dimension pour aborder les champs littéraires : au choix, une période de rupture esthétique, en littérature et dans d’autres formes artistiques.

Le magazine propose sept oeuvres ayant marqué une rupture par rapport à la conception dominante de leur époque : Raphaël (Renaissance), Le Caravage, Chardin, Ingres (Romantisme), Courbet (Réalisme), Picasso (Modernité) et Bacon.
Chaque tableau est accompagné d’un texte expliquant en quoi il s’écarte des canons de l’époque.

Une activité élève peut donc consister à repérer dans chacun des textes et tableaux ce qui a marqué une évolution de la conception de la beauté. Le professeur pourra proposer les sept tableaux ou se limiter à ceux entrant des les périodes précisées dans le programme.
Une première réponse est apportée à la problématique d’ensemble de la séquence : ce qui est jugé beau évolue au fil du temps.

Raphaël Sanzio, Vierge à l’enfant avec saint Jean-Baptiste, dit La Belle Jardinière, 1505-08, Paris, Musée du Louvre.

Activité 2 : Analyse de sondage : les diverses conceptions de la beauté

Le mensuel propose un sondage sur la perception qu’ont les Français de la beauté. La première question de ce sondage porte sur le sentiment de beauté :
Parmi les situations proposées ici, laquelle vous a donné récemment le sentiment de voir ou de vivre quelque chose de beau ? (deux réponses possibles)

- Acquérir un objet utile et beau,
- Assister à un spectacle (opéra, danse, théâtre),
- Ecouter de la musique,
- Faire l’amour,
- Lire un livre,
- Marcher dans la nature,
- Regarder un film,
- Regarder une émission de télévision,
- Visiter une exposition ou regarder une oeuvre d’art.

La question peut être posée à la classe. Les réponses seront traitées sous la forme d’un tableau distinguant les différents pourcentages associés à chacune des entrées. Les élèves doivent alors rédiger une analyse des enseignements de ce rapide sondage puis confronter leurs réponses à celles de l’échantillon national du magazine.

Un nouvel éclairage est apporté à la problématique : si chacun est sensible à la beauté, les sources de cette émotion sont très diverses.

La lecture des pages 72-73 du sondage sont une occasion d’enrichir la réflexion des élèves autour du beau (la beauté est-elle partout ? est-elle présente dans le monde d’aujourd’hui ? est-elle liée aux moyens ? est-elle utile ? est-elle liée au bonheur ?) et des critères d’appréciation (plaisir immédiat, éducation, culture, médiatisation...).

Sommaire du magazine

Le mensuel a d’autre part soumis 15 oeuvres au jugement des Français : lesquelles trouvent-ils belles, lesquelles ne leur plaisent pas ?
Sans surprise, la peinture figurative suscite l’adhésion quand la photographie contemporaine est rejetée.
Il est possible de faire la même expérience avec les élèves et de parvenir à des résultats légérement différents (ils seront sans doute plus sensibles à l’oeuvre de Murakami par exemple et cela permet de réfléchir sur les gouts d’une génération par rapport à la précédente).
A l’issue de l’expérience, le professeur peut demander à chaque élève d’effectuer une recherche documentaire sur une oeuvre qu’il a a priori rejetée : contexte de production, interprétation... Après ce travail, il s’agira de se demander si l’appréciation de l’oeuvre a évolué et d’aborder ainsi une des questions du programme : En quoi la connaissance d’une oeuvre et de sa réception aide-t-
elle à former ses goûts et/ou à s’ouvrir aux goûts des autres ?

Andreas Gursky, 99 Cents (Diptych), 2001

Cette oeuvre n’est considérée comme belle que par 13 % des Français


Activité 3 : Lecture/Ecriture : exprimer à l’écrit une appréciation esthétique

Le mensuel propose enfin un ensemble de dix textes écrits par des critiques, historiens d’art, spécialistes de la photographie, du design ou encore artistes qui présentent l’oeuvre qui selon eux incarne la beauté.

L’oeuvre choisie par Claire Fayolle, critique de design est un trombone

Le professeur pourra choisir trois textes (ceux de Claire Fayolle, Bernard
Blistène et Pierre Rosenberg par exemple) qui feront l’objet d’une analyse de lecture : place de la description de l’oeuvre, de l’appréciation, rôle des arguments, utilisation des connecteurs...

Dans un second temps, les élèves sont invités à choisir une des quinze oeuvres abordées en étape 2 et à rédiger à leur tour une appréciation en s’inspirant d’un des textes de critiques. Cette activité permet de travailler la capacité "Construire une appréciation esthétique à travers un échange d’opinions, en prenant en compte les goûts d’autrui" que le programme associe à cet objet d’étude.
Il est aussi évidemment possible de laisser le libre choix de l’oeuvre à l’élève.

Une conclusion d’ensemble prendra la forme d’un échange oral autour des réponses apportées aux problématiques de départ au terme des diverses séances.

Cy Twombly. Wilder Shores of Love (Bassano in Teverina), 1985

L’oeuvre choisie par Bernard Blistène, directeur du Centre Pompidou

Référence : Beaux Arts Magazine, Juin 2009.